Street Art Avenue Guate Mao

Street art
Silo Cemex Aubervillier - Oeuvre Guaté Mao

Sur le canal

Je vous avais parlé de la croisière de cet été sur le canal Saint-Denis organisée par l'office du tourisme du 93. Celui-ci a lancé le projet de la Street Art Avenue avec de nombreux artistes Alexandra Arango, Marko 93, Ambroise et Victor, Joachim Romain, Astro, Jungle, Julia Lopez, Basto... et Guaté Mao que j'ai eu le plaisir de rencontrer, d'interviewer et de photographier lors de ce travail sur les silo Cemex. Tous ont leurs techniques, pochoirs, bombes, collages... travail sur commande ou non. Mais ce qui m'a toujours impressionnée c'est la qualité du travail, la finesse des traits, l'envergure des projets actuels alors que le temps effacera l'œuvre. Les graffiti des autres aussi, mais c'est un don, un don aux autres. "je pense que les œuvres dans la rue sont un don, et elles sont offertes à tous et pour tous, si quelqu'un décide de la modifier, la détruire, c'est son droit" dit Guaté en parlant de son travail. Guaté Mao dont le pseudo est un hommage au Guatemala où il a vécu et qu'il "affectionne particulièrement". C'est "aussi une anagramme de mon prénom, et de trois lettres de mon nom, j'affectionne particulièrement le Guatemala, pays que j'ai appris à connaître en fréquentant une communauté de Guatémaltèques pendant près de

5 ans". 

Le street art a évolué, je l'ai connu et apprécié à ses débuts, en France, à l'époque où c'était plutôt considéré comme un acte de vandalisme, même si ça l'est encore pour certains. A ce moment-là on était plus dans des tags et au début du writting en France. 

Guaté lui, peint depuis trois ans, il a appris le pochoir en autodidacte, il peint surtout des visages "Mes influences proviennent plus des photographes, que des artistes peintres. Je suis plus intéressé et touché par un sujet, un regard, une qualité de photo, qui va me faire traiter les sujets différemment". Il est vrai que quand on voit son travail, ce que j'en ai vu en tout cas, ses visages sont empreints d'émotions. On peut voir ses œuvres dans de nombreuses villes de France comme Montpellier, bordeaux, Toulouse, Marseille, Paris, mais il a peint aussi au Vietnam ou au Sénégal.

En ce qui concerne le projet Street  Art Avenue Guaté a été contacté pour répondre à l'appel à projet, il a fourni une maquette "Je n'ai pas eu carte blanche, j'ai proposé une maquette, avec une explication de mes choix graphiques, qui est passé devant un jury" jury qui l'a choisi ! ce projet sur les silos est superbe, le choix des motifs, des couleurs...

"O'chau signifie merci dans un des dialectes hmong Vietnamien. Etant au Vietnam lors de la proposition du projet, et plus particulièrement dans des villages aux alentours de Sapa, j'ai décidé de créer cette oeuvre en hommage à la culture des Hmong. Notamment à travers la richesse de leurs motifs principalement utilisés dans leurs habits ethniques"*

 

* Extrait du communiqué de presse de l'office de tourisme de la Seine-Saint-Denis

Élévateur
Élévateur

C'est son premier projet de cette envergure, tout est peint au pochoir il n'y a aucun collage. En revanche, contrairement aux portraits il n'a utilisé qu'"une seule couche de pochoir". Ce projet va sûrement le faire mieux connaître du public et des institutions qui font appels aux artistes d'art urbain. Ce qui est sûr, c'est que Guaté va continuer "[ses] portraits sur des supports "illégaux", et ce jusqu’à la fin."  "Le plaisir est totalement différent, c'est vraiment un autre type de chantier, qui implique de travailler avec des grosses machines, pendant des longues heures,  à plusieurs dizaines de mètres de hauteur" dit-il.

pochoir street art
Mise en place du pochoir

Aujourd'hui nous sommes à un tournant de cet art de rue. Il est de plus en plus esthétique, accepté, admiré, jusqu'aux galeries qui l'exposent. Les magazines spécialisés se multiplient. Certains sont particulièrement bien documentés. J'avais le sentiment que l'émission Globe-painter présentée par Julien Malland (Seth) avait permis au grand public de mieux connaître cet art et surtout, le fait de voir un de ses acteurs en parler permettait de mettre un visage là où il n'y en avait "jamais" !  Gaté, lors de notre échange, pense "que l'on doit ce mouvement à ceux qui le construisent tout simplement, donc avant tout les artistes"  "et dans une deuxième partie, à ceux qui en font la communication. Je ne pense pas qu'une série comme Globe-painter a fait changer la vision du street art, mais elle y a contribué, comme nombreux autres documentaires, mais aussi les institutions (mairie, office du tourisme, musée...) ". 

 

 

"Débouchage" des aérosols
"Débouchage" des aérosols

Je cite Guaté Mao, mais sur ce projet ils sont deux et je tiens à les remercier d'avoir bien voulu se prêter aux photos et une mention particulière à Guaté pour avoir répondu à mes questions.

 

D'un autre côté, j'avance sur la présentation de la Street Art Avenue et je serai en mesure de mettre en ligne ma présentation sur ses débuts et ses artistes prochainement. N'hésitez pas à mettre un commentaire, il sera toujours bienvenue !

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