Harry Callahan

France, 1958 © The Estate of Harry Callahan /Courtesy Pace/MacGill Gallery, New York

Collection Maison Européenne de la Photographie, Paris - Don de l’auteur

Aix-en-Provence 1957-1958

"En 1956, Harry Callahan (1912-1999) dirige le département de photographie de l’Institute of Design de Chicago. Il reçoit alors une bourse de la Fondation Graham pour réaliser le projet de son choix. Un moment tenté d’utiliser cet argent pour aller au nord du Michigan, Callahan prend une année sabbatique et, sur les conseils d’Edward Steichen, part en Europe avec sa femme Eleanor et sa fille Barbara, alors âgée de 7 ans. Après deux mois en Allemagne, il séjourne à Aix-en-Provence de septembre 1957 à juillet 1958."*

[...] Callahan ne s’intéresse ni à la riche architecture d’Aix-en-Provence ni à son patrimoine historique, mais trouve dans ses rues, ensoleillées même en hiver, le théâtre idéal pour ses recherches sur l’ombre et la lumière et le graphisme des façades ordinaires [...]"*

 

Harry Callahan dira "Il ne s'agit de transmettre une vision mais de toucher les gens avec mes images" (source wikipédia).

"D’abord pratiquée comme un loisir, la photographie devient pour Callahan une véritable addiction, un moyen pour apprendre à se connaître et découvrir le monde"**

Il fit don de 130 tirages originaux (la plupart inédits) sous le nom de French Archives, à la MEP quand il prit connaissance de la formation de celle-ci, c'est une étape importante dans la constitution de la collection de la MEP.

Quand on regarde ses photos on ne peut que penser que Callahan est un maître de la street photography, mais il a aussi réalisé des surimpressions,  entre les paysages de Provence et le corps d’Eleanor. Quand la question lui a été posée, il a répondu que de regarder les paysages le faisait penser à sa femme. La street photography est très actuelle et particulièrement ce travail sur la lumière, peut-on dire qu'il fait partie des précurseurs ? Je n'en sais rien. Il photographie la journée  et développe la nuit. S'il  est de la même génération des photographes humanistes comme Brassaï ou Ronis avec un point commun le noir et blanc, on ne peut pas dire qu'il fasse partie de ces photographes humanistes,  il a quelque chose de différent, son sujet. Callahan a une obsession, photographier sa femme et sa fille. Il a aussi d'autres pôles d'intérêt comme la campagne et l'architecture. Il aime le travail de l'ombre, de l'espace entre un bâtiment, deux personnes. "L'acte photographique se résume pour moi à être au bon endroit au bon moment en fonction de mon humeur" **

Callahan n'a pas que travailler en noir et blanc, il photographie en couleurs à partir de 1977, mais ne fait que très peu de tirages, et gardera cette façon de faire à l'avenir. 

 Pour les amateurs de photographies en noir et blanc, du travail de la lumière et des ombres renforcées c'est l'exposition idéale. Ce qui est aussi intéressant dans ses photos, ce sont ces personnages qui ont l'air pressé, dont la démarche est rapide, c'est assez marquant dans la photo en tête de présentation. Mais c'est aussi ce trait de lumière qui entre dans l'image.

C'est un tout autre style que les photographies de Serrano qui sont exposées sur la même période à la Maison européenne de la photographie, mais elles m'ont beaucoup plu. Mon prochain sujet sera sûrement sur ce lieu.

 

Pour les infos pratiques regardez sur le site de la MEP.

*Texte extrait du communiqué de presse de l'exposition

**Source catalogue exposition fondation Henri Cartier-Bresson, 2010.

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