A la fondation Louis Vuitton

Détail de l'oeuvre de Pascale Marthine Tayou - Installation in situ -  Photo Le quartier d'à côté
Détail de l'oeuvre de Pascale Marthine Tayou - Installation in situ - Photo Le quartier d'à côté

Art/Afrique, le nouvel atelier

Je suis allée très récemment voir l'exposition d'art contemporain Art/Afrique, le nouvel atelier à la fondation Louis Vuitton, exposition que j'ai adorée et que je conseille vivement. Deux expositions sont présentées, adossées à la sélection d’œuvres africaines de la Collection de la Fondation, l’exposition Les Initiés et l’exposition Être . Ces deux expositions sont riches en œuvres de différents artistes africains, peintures, sculptures, installations, photos, broderie... la plupart des arts sont représentés et ce sont différentes générations qui ont contribué à l'enrichissement de cet événement.

Les textes et photos sont extraits du dossier de presse et publiés avec autorisation, mes photos sont précisées.

Les initiés

John Goba (1944, Sierra Leone) Sea marble, 1992 Bois peint et épines de porc-épic 110 x 50 x 65 cm © John Goba Courtesy CAAC – The Pigozzi Collection Photo © Maurice Aeschimann
John Goba (1944, Sierra Leone) Sea marble, 1992 Bois peint et épines de porc-épic 110 x 50 x 65 cm © John Goba Courtesy CAAC – The Pigozzi Collection Photo © Maurice Aeschimann

"« Les Initiés », un choix d’œuvres (1989-2009) de la collection d’art contemporain africain de Jean Pigozzi"

"L’exposition Les Initiés réunit une sélection d’œuvres de quinze artistes emblématiques de la collection d’art contemporain africain de Jean Pigozzi, présentée pour la première fois à Paris.

En 1989, l’homme d’affaires Jean Pigozzi fait appel à André Magnin comme conseiller pour constituer sa collection. Défricheur, ce dernier arpente le continent africain à la rencontre d’artistes travaillant et vivant en Afrique subsaharienne, dans les pays francophones, anglophones et lusophones. A une époque qui ne connaît ni téléphone portable, ni l'Internet, ni réseaux sociaux, rencontrer des artistes et rendre compte de l’évidente liberté et originalité de leurs démarches, ont été des paramètres décisifs.

La détermination et l’engagement qui ont présidé à cette collection ont ainsi permis la constitution d’un fonds unique, aux partis pris affirmés renvoyant dans sa diversité à l’un des visages de la création contemporaine en Afrique de 1989 à 2009.

Les artistes de l’exposition, tous héritiers de savoirs spirituels, scientifiques et techniques, développent des mondes qui s’expriment à travers une variété d’expressions et de supports.

Éclectique et libre, la collection ne privilégie aucun médium et vise à représenter chaque artiste avec des ensembles conséquents. Elle a ainsi révélé une scène jusqu'alors inconnue, permettant un élargissement de son audience et de son impact international, ce qui lui confère aujourd’hui un rôle prescripteur évident.

 

L’exposition réunit des œuvres de Frédéric Bruly Bouabré, Seni Awa Camara, Calixte Dakpogan, John Goba, Romuald Hazoumè, Seydou Keïta, Bodys Isek Kingelez, Abu Bakarr Mansaray, Moké,Rigobert Nimi, J.D. ‘Okhai Ojeikere, Chéri Samba, Malick Sidibé et Barthélémy Toguo."

 

A cette occasion, Pascale Marthine Tayou a réalisé une intervention spécifique.

 

Cette installation que j'ai prise en photo est représentée par des pavés au sol et sur les murs, c'est l'entrée de l'exposition. Cette oeuvre, à travers ses couleurs, son choix de matériaux et sa disposition dans l'espace, m'a interpellée et invitée à entrer découvrir cet univers. 

[...] "Adossée à l’exposition, l’intervention in situ de Pascale Marthine Tayou, créée tout spécialement, cherche à exprimer l’explosion d’une libération à travers une constellation de pierres coloriées reliant terre et ciel." [...]

"Je suis un homme de couleur, dit-il, aussi coloré qu’une pierre qui roule. Beaucoup de personnes

“de couleur” pourraient être bleues, rouges, jaunes, peut-être blanches ! Nous sommes tous des pierres de couleur. » [...] « Les frontières n’ont pas de sens dans la conception que j’ai d’un pays... Ici ou ailleurs, je me sens chez moi. » Cette oeuvre fait écho à la conviction de Tayou que « nous sommes tous la somme de mélanges, de rencontres, de pensées »."

Calixte Dakpogan (1958, Bénin) Oba, 2007 Métal, plastique et stylos-billes 64 x 63 x 12 cm © Calixte Dakpogan Courtesy CAAC – The Pigozzi Collection Photo © Maurice Aeschimann
Calixte Dakpogan (1958, Bénin) Oba, 2007 Métal, plastique et stylos-billes 64 x 63 x 12 cm © Calixte Dakpogan Courtesy CAAC – The Pigozzi Collection Photo © Maurice Aeschimann

Dès l'entrée, j'ai été fascinée par un certain nombre d’œuvres et particulièrement celles de John Goba, mais aussi par les masques de Calixte Dakpogan (tous les masques ne sont pas du même artiste), toutes...,  que ce soit dans la création, les couleurs, les  matériaux utilisés nécessitent qu'on s'y attardent. Rigobert Nimi et sa Station vampires un incroyable travail fait de métal, plastique, ampoules, composants électriques et matériaux de récupération. Difficile de citer tous ces artistes. 

Etre là

Nicholas Hlobo Ndize: Tail, 2010 Rubans, fils, caoutchouc et cuir 460 x 840 x 307 cm Collection Fondation Louis Vuitton, Paris © Nicholas Hlobo Courtesy of Stevenson Cape Town and Johannesburg Photo © Mario Todeschini
Nicholas Hlobo Ndize: Tail, 2010 Rubans, fils, caoutchouc et cuir 460 x 840 x 307 cm Collection Fondation Louis Vuitton, Paris © Nicholas Hlobo Courtesy of Stevenson Cape Town and Johannesburg Photo © Mario Todeschini

"En complément de l’exposition "Les Initiés", la Fondation présente : "Être là", une exposition collective consacrée à l’Afrique du Sud [...]

"L'exposition se concentre sur un espace-temps précis, celui d'aujourd'hui, tel qu'il se constitue

à travers des thématiques et un engagement inscrit dans une continuité historique. Elle ne prétend en rien être un panorama et réunit 16 artistes :

– d’un côté, des figures de référence de l’art sud-africain, comme Jane Alexander, David

Goldblatt, William Kentridge, David Koloane et Sue Williamson qui bénéficient désormais

d'une vraie reconnaissance internationale et ont un réel impact sur la scène actuelle.

Ainsi qu’une génération née dans les années 1970, représentée par des personnalités incontournables telles que Nicholas Hlobo, Zanele Muholi et Moshekwa Langa.

– d’autre part, un choix d’artistes nés dans les années 1980 dont les oeuvres sont symptomatiques

de nouveaux enjeux plus de vingt ans après la fin de l’apartheid : Jody Brand,

Kudzanai Chiurai, Lawrence Lemaoana, Thenjiwe Niki Nkosi, Athi-Patra Ruga, Bogosi

Sekhukhuni, Buhlebezwe Siwani et Kemang Wa Lehulere.

"Cette sélection s'étaye sur le positionnement des artistes dans la prise en charge d'une situation – économique et sociale – sur laquelle ils ont la conscience et la conviction de pouvoir intervenir et jouer un rôle – ÊTRE LÀ. Par le biais de différents mediums (installations, photographies, peintures, œuvres textiles, vidéos...), ces artistes revisitent l’histoire et affirment une subjectivité propre. Participant d’un activisme social, la génération la plus récente tire bénéfice d’une ouverture internationale pour affirmer et revendiquer une identité sud-africaine qu’elle contribue à redéfinir.

Prolongeant l’exposition, l’espace « À propos d’une génération » présente le travail des photographes Graeme Williams, Kristin-Lee Moolman et Musa Nxumalo et dévoile les portraits contrastés d’une certaine jeunesse sud-africaine, notamment celle des « born-free ». [...]

 

 La photo ci-dessous est juste sublime !

Buhlebezwe Siwani Qunusa ! Buhle, 2015 Impression jet d’encre sur Hahnemuhle PhotoRag 111.8 x 55.4 cm © Buhlebezwe Siwani Courtesy de l’artiste et Whatiftheworld Gallery, Cape Town
Buhlebezwe Siwani Qunusa ! Buhle, 2015 Impression jet d’encre sur Hahnemuhle PhotoRag 111.8 x 55.4 cm © Buhlebezwe Siwani Courtesy de l’artiste et Whatiftheworld Gallery, Cape Town

Collection de la Fondation

Chéri Samba J'aime la couleur, 2003 Collection Fondation Louis Vuitton. © Chéri Samba. Photo © Claude Germain, Primae
Chéri Samba J'aime la couleur, 2003 Collection Fondation Louis Vuitton. © Chéri Samba. Photo © Claude Germain, Primae

"[...] Témoignant de la dimension internationale de la Collection, ce parcours est consacré à des œuvres d'artistes africains et à des regards tournés vers ce Continent.

L’Afrique, ses artistes, son influence culturelle, est aujourd'hui incontournable dans l'appréhension du paysage artistique mondial. Aussi, les artistes africains (ou d’ascendance africaine) ont, dès le départ, été pris en compte dans la Collection de la Fondation Louis Vuitton qui affirme avec ses partis pris son ouverture aux scènes très contemporaines. Ce nouvel accrochage de la Collection leur est consacré. Il est complémentaire des expositions "Les Initiés" et "Être là"."

Cet accrochage s'ouvre "sur un ensemble d’artistes d’Afrique du Sud réunis autour de deux

grandes figures : William Kentridge et David Goldblatt. Leur travail, qui prend en charge

l’histoire, la mémoire et l’identité, trouve un écho chez deux artistes plus jeunes, Zanele Muholi

et Kudzanai Chiurai. La photographie - domaine considérablement marqué en Afrique du Sud

par David Goldblatt - a ici un rôle important. En témoignent par ailleurs Santu Mofokeng,

Omar Victor Diop et, d'une autre manière, Robin Rhode, qui la croise avec la performance et le

cinéma."

Dans la galerie suivante "la peinture s’affirme dans sa diversité avec Chéri Samba (ci-dessus), Meleko Mokgosi, Barthélémy Toguo, Lynette Yiadom-Boakye et Omar Ba. L'installation de l'artiste américain Rashid Johnson, évoque, elle, la prégnance de l’identité africaine dans un horizon plus large."

Quand on suit le chemin de l'exposition, "la sculpture emprunte des formes renouvelées : tout en s'inscrivant dans une tradition, Romuald Hazoumè se joue des stéréotypes et livre une critique économique et sociétale.

Il recycle des objets usagés et revisite l'art des masques. Meschac Gaba s’empare, lui, des

coiffes "afro"."

Cela finit par " une installation vidéo de Wangechi Mutu donne au mythe de Sisyphe une actualité et une tonalité singulière."

Zanele Muholi Nolwazi II, Nuoro, Italy, 2015, Série Somnyama Ngonyama, Collection Fondation Louis Vuitton. © Zanele Muholi Courtesy of Stevenson, Cape Town/Johannesburg
Zanele Muholi Nolwazi II, Nuoro, Italy, 2015, Série Somnyama Ngonyama, Collection Fondation Louis Vuitton. © Zanele Muholi Courtesy of Stevenson, Cape Town/Johannesburg

Extrait de la Préface de Bernard Arnault, président de LVMH [...] « Art/Afrique, le nouvel atelier » reprend enfin les thématiques communes à l’art contemporain mondial mais il en ressort, au travers des œuvres présentées, une identité culturelle et artistique indéniable due à une étonnante vitalité poétique et esthétique, à une grande dose de dérision et de parodie, à un esprit grave, voire dramatique aussi, lié à la condition humaine ; autant d’expériences qui, je le crois, susciteront plus que de l’intérêt, de l’enthousiasme auprès du public parisien, français, africain, international pour qu’ensemble nous soyons portés à réfléchir sur notre propre conception de l’art, sur sa raison d’être, sur le futur même de notre monde...

Alors, oui, la création est un voyage!"

 

Je remercie la Fondation pour les autorisations, visuels et textes, qui j’espère vous donneront envie d'aller du côté de la fondation Louis Vuitton. N'hésitez pas non plus à regarder le site de la fondation pour plus de renseignements et pour connaître les événements qui sont autours de l'exposition (concerts, rencontres, débats...). Quant à mes photos, j'ai très envie de vous en faire découvrir, j'en mettrai sur Instagram.

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Commentaires: 2
  • #1

    florence (vendredi, 14 juillet 2017 23:30)

    Passionnant, merci de mettre en avant cette expo qui me ferait bien venir à Paris... Fascinante Afrique... En attendant , on se régalera des photos sur instagram.

  • #2

    Le quartier d'à côté (samedi, 15 juillet 2017 08:12)

    Merci Florence pour ce commentaire, cette expo est effectivement un réel moment de plaisir !