Deuxième Biennale des photographes du monde arabe contemporain

El Hayawan, Karim, Butch, Photography, 2016 - photo exposée à l'IMA
El Hayawan, Karim, Butch, Photography, 2016 - photo exposée à l'IMA

La Maison européenne de la photographie et l'Institut du monde arabe présentent la 2e Biennale de la photographie du monde arabe contemporain. Cinquante artistes que vous pouvez découvrir dans les différents lieux associés à cette aventure. Du 13 septembre au 12 novembre 2017, laissez-vous transporter dans les univers des cinquante photographes exposés qu'ils soient hommes ou femmes.

 

 

"Chacun des lieux d’exposition présentera à la fois les travaux de créateurs issus du monde arabe, résidant dans leur propre pays ou « parlant » depuis un autre rivage et les oeuvres d’artistes étrangers, européens pour la plupart, témoignant eux aussi de la réalité des pays arabes. Le mélange des cultures et le dialogue des sensibilités étant l’un des principes de la Biennale.

Plus resserrée que la première édition, la Biennale 2017 choisit tout particulièrement de mettre à l’honneur deux pays du Maghreb : la Tunisie et l’Algérie.

Un hommage sera également rendu à Leila Alaoui, tragiquement disparue alors qu’étaient exposés ses portraits de Marocains dans le cadre de la première Biennale, en 2015."*

 

Je vous mets la liste des lieux où vous pourrez voir le travail des photographes :

l’Institut du monde arabe,

la Maison Européenne de la Photographie,

la Cité internationale des arts,

Mairie du 4e,

Galerie Binome,

Galerie Photo12, 

Galerie Clémentine de la Féronnière,

Galerie Thierry Marlat.

Vous pouvez retrouver l'ensemble de la programmation de la biennale sur le site 

 

 

 

De mon côté j'ai été plus particulièrement touchée par la poésie et le romantisme de certains clichés, particulièrement Xenia Nikolskaya, Farida Hamak, amusée par la légèreté d'Ahmad El-Abi, étonnée, séduite... des sujets et des photographes différents qui nous font part de leur vision de leur environnement. J'aimerais tous les citer, mais la liste serait longue et il y aurait tant à dire. Je pense aussi à Mehdi Boubekeur et sa série "Tag Ala Tag", riche en couleurs et en "traces".

Je suis allée à la MEP, l'IMA et à la Cité internationale des arts, je pense aller voir les autres galeries rapidement.

 

 

 

Jack Lang, président de l'IMA, est à l'initiative de ce beau projet qui a vu le jour en 2016. Je vous mets un extrait de sa préface.

"Sortir des clichés les plus éculés sur le monde arabe, en révéler des réalités cachées, améliorer la compréhension entre les peuples : tels étaient mes objectifs il y a deux ans,

lorsque, de concert avec la Maison Européenne de la Photographie, j’ai initié la Biennale

des photographes du monde arabe contemporain. [...]

 [...] Pour cette deuxième édition, nous proposons une nouvelle exploration de la création

photographique contemporaine, au fil d’expositions simultanées dans différents lieux

parisiens, sans autre prétention que celle de privilégier des regards d’auteurs – qu’ils

soient ou non arabes – sur le monde arabe. Mais à l’approche généraliste de la première

Biennale succède à l’IMA l’exploration d’un territoire : la Tunisie, un pays aux pratiques

artistiques contemporaines souvent trop peu mises en avant. [...] *

 

 

 

 

 

 

 

* Je remercie l'IMA et la MEP pour leurs autorisations de reproduction des textes et photos pour l'ensemble de cette présentation. D'autres textes sont issus du catalogue de l'exposition Ikbal/Arrivées visible à la Cité internationale des arts

Les photographes

A la MEP


"Farida Hamak est née à Alger en 1950. Elle n’a que six ans lorsque ses parents quittent l’Algérie pour la France. Après avoir débuté des études littéraires à la Sorbonne, elle part en voyage. À Singapour elle achète un appareil de photographie. En 1977, premier retour en Algérie, elle photographie tout. Ce sera son métier."*

 

Farida Hamak est exposée à la MEP avec deux autres photographes. Quelle lumière et ces couleurs...

Farida Hamak Bou Saada, Algérie, 2013 Série « Sur les traces » Tirage Fine Art pigmentaire sur papier Canson Baryta Format encadré 85 x 105 cm © Farida Hamak. Courtesy Regard Sud galerie
Farida Hamak Bou Saada, Algérie, 2013 Série « Sur les traces » Tirage Fine Art pigmentaire sur papier Canson Baryta Format encadré 85 x 105 cm © Farida Hamak. Courtesy Regard Sud galerie

Cette photographe, Xenia Nikolskaya, est exposée à la MEP, [...] métaphore du temps qui passe tout autant que sa preuve objective, la poussière est le point d’approche de Xenia Nikolskaya pour attester des conditions des espaces architecturaux abandonnés en Egypte, symboles d’une opulence passée. Le regard porté par la photographe est d’autant plus fascinant qu’elle est russo-suédoise et propose ainsi un point de vue extérieur [...]*

La série « Dust », de Xenia Nikolskaya, réalisée entre 2006 et 2011, explore les conditions des espaces architecturaux abandonnés en Egypte. [...]* Depuis le lancement du projet en 2006, un certain nombre d’endroits représentés dans son travail ont été démolis, tandis que d’autres ont traversé un processus de rénovation et de modernisation. [...]*

Xenia Nikolskaya Sakakini Palace, Cairo, 2007 Série « Dust » © Xenia Nikolskaya. Courtesy l’artiste
Xenia Nikolskaya Sakakini Palace, Cairo, 2007 Série « Dust » © Xenia Nikolskaya. Courtesy l’artiste

A l'IMA


La série Carnets de Marrakech, sur laquelle je me suis attardée, est telle par ses couleurs qu'on penserait peinture, tout comme son relief particulièrement présent et très marqué entre les différents matériaux. Cette série est exposée à l'IMA et elle est fabuleuse. Je l'ai regardée de près, de loin, je suis partie, revenue...

Carnets de Marrakech et de Tanger ®´©ÅJellel Gasteli 2016. Photo exposée à l'IMA
Carnets de Marrakech et de Tanger ®´©ÅJellel Gasteli 2016. Photo exposée à l'IMA

J'ai choisi de ne montrer qu'une seule photo de la série Arabic alphabet d'Ahmad El Abi alors qu'elles paraissent indissociables quand on les voit exposées. Fraîcheur, tendresse, gaieté... sont les mots qui me sont venues. Elle est visible à l'IMA. Sa présentation, originale est une véritable touche de couleur.

Ahmad El-Abi The Cloudy Socks - Série Arabic Alphabet, 2016 - Photo exposée à l' IMA
Ahmad El-Abi The Cloudy Socks - Série Arabic Alphabet, 2016 - Photo exposée à l' IMA

A la cité des arts 


IKBAL/ARRIVÉES


Sihem Salhi est exposée à la Cité internationale des arts. Cette artiste, native de Constantine, n'est pas que photographe elle a fait du théâtre, de la musique et est aussi conteuse. L'ombre et la lumière, le clair et l'obscur font de ses clichés des œuvres touchantes de poésie.

Son travail  a été exposé précédemment au musée national d'art moderne et contemporain d'Alger, le MAMA dans le cadre de l'exposition Ikbal/Arrivées. "Cette exposition regroupe plus de 425 clichés de vingt photographes sélectionnés par le commissaire Bruno Boudjelal. [...]"

 Il écrit d'ailleurs en parlant de l'exposition : "C'est en 2015, lors d'un atelier photographique que  j'ai été frappé par le dynamisme et l'énergie de tous ces jeunes gens. Ils montraient une envie forte de montrer, de dire, de raconter leur pays. [...] Il s'est vite avéré comme une évidence qu'il fallait montrer ce bouillonnement, cette dynamique de la photographie [...]"*

 

Cette exposition s'est faite avec des photographes hommes ou femmes, originaires d'Algérie, qui traitent de différents sujets comme le sport, le monde rural, le chômage, les migrants, la spiritualité, les êtres disparus, les vies qui basculent...

La série Moul El Djellaba d'Ahmed Badreddine Debba en est une belle définition et représentation. Après le MAMA, la voici à la Cité internationale des arts pour la deuxième Biennale.

La photo de Sihem Salhi ci-dessous, est un très bel autoportrait et son auteure écrit "la spiritualité et la foi sont les éléments moteurs qui donnent une valeur et un sens profond à mes gestuels de prière" [...] * 

Pour ceux qui le connaissent, le magazine Fisheye a écrit un article intéressant sur le collectif 220 qui expose à la Cité internationale des arts. Tout comme le catalogue qui leur a été consacré en ce qui concerne l'exposition et dont je vous conseille la lecture si vous passez par là.

 

 

*Extrait du catalogue de l'exposition

Sihem Salhi - Série Lumière d'âme - Photo exposée à la Cité internationale des arts
Sihem Salhi - Série Lumière d'âme - Photo exposée à la Cité internationale des arts

 

On pourrait écrire "Tout le monde en parle" et c'est un peu ça ! que ce soit les magazines de photos comme les magazines d'art ou moi... 

j'irai plus tard voir les galeries et je pense que j'en sortirai avec autant d'enthousiasme ! Vous l'aurez compris,  je vous conseille cette 2e Biennale.


Les galeries et la mairie du 4e

 Petit-déjeuner. Série "Intérieurs Simples" A Tanger 1994-1997 - Courtesy  - Daniel Aron -Galerie Photo 12
Petit-déjeuner. Série "Intérieurs Simples" A Tanger 1994-1997 - Courtesy - Daniel Aron -Galerie Photo 12
 Michel Slomka Aishe Kuli et Bubu Daou, mari et femme dans leur maison de Khanassor au pied de la montagne de Sinjar. Irak 2017 - Mairie du 4e -
Michel Slomka Aishe Kuli et Bubu Daou, mari et femme dans leur maison de Khanassor au pied de la montagne de Sinjar. Irak 2017 - Mairie du 4e -
Randa Mirza -  Résidence Série Beirutopia, 2011 -  projet en cours - Courtesy Galerie Thierry Marlat
Randa Mirza - Résidence Série Beirutopia, 2011 - projet en cours - Courtesy Galerie Thierry Marlat

 

 

 

C'est un des événements photographiques actuels à Paris, je vous parlerai aussi des autres.

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